Blog d'Auteur

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Black Jack, mathématiques et littérature...

Bonjour à tous et à toutes,

 

Alors que le poker est pratiquement connu de tous, le « Black Jack » l’est un peu moins. Toutefois, son nom laisse déjà planer le mystère.

 

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Ce jeu de cartes fait déjà son apparition au XVIIIe siècle sous le nom de « 21 », lui-même inspiré par deux autres jeux de cartes, « le chemin de fer » et la « ferme française ».

 

Le “21” se joue alors dans les casinos parisiens, mais outre-Atlantique, il s’exporte plutôt mal. Du coup, pour attirer plus de joueurs, les Américains inventent un bonus attractif : celui qui possède un As de pique et un Valet noir, se verra offrir un payement de 10 contre un.

 

 

Ce Valet noir, en anglais Black Jack”, va dès lors donner définitivement son nom au jeu.

 

Les règles de base :

 

Les joueurs (ou pontes) jouent contre le croupier autour d’une table en forme de haricot et sur laquelle on peut lire en toutes lettres :

 

Black Jack gagne 3 pour 2” (Black Jack pays 3 to 2),

“La banque tire à 16, reste à 17” (Dealer must draw to 16 and stand on all 17s),

ou encore “Assurance paie 2 pour 1” (Insurance pays 2 to 1).

 

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Ces phrases sibyllines ne doivent pas faire oublier que le but du jeu est des plus simples.

Les joueurs jouent contre la banque et doivent obtenir un meilleur score que le croupier sans dépasser 21.


Les cartes de deux à neuf gardent leur valeur nominale (la carte trois vaut trois points, quatre vaut quatre points...). Les figures (rois, reines, valets) ainsi que les dix valent 10 points. Ces cartes-là sont appelées « bûches ». Tandis que l’As peut valoir, au choix du joueur, 1 ou 11 points.


Le croupier distribue deux cartes à chaque joueur, face visible. Le joueur peut demander une carte supplémentaire. Mais s’il totalise plus de 21 points, il perd.

 

Le joueur peut abandonner, mais aussi doubler sa mise ou encore séparer (s’il a reçu 2 cartes de la même valeur, il les sépare et peut ainsi jouer avec 2 jeux). 


Le croupier sert la banque tant que le total de sa main est égal ou inférieur à 16 et s’arrête si la main de la banque totalise 17 points ou plus.


Vous gagnez lorsque votre total est supérieur à celui de la banque sans avoir dépassé 21, ou que la banque dépasse 21, ou que vous ayez fait black jack (total de 21 avec les deux premières cartes).


En cas d’égalité avec la banque, le coup est nul et vous récupérez votre mise.


Dans le cas où le croupier et vous-même faites black jack, c’est une égalité.

 

Et les mathématiques dans tout cela ?

 

Vous aurez vite compris que dans ce jeu, le calcul mental est à l’honneur.

 

C’est là qu’intervient le génie de certains mathématiciens passionnés de jeux.

 

À sa création, le Black Jack se jouait avec un seul jeu de 52 cartes.

Cependant, ce jeu unique représentait une terrible faille. En effet, un mathématicien du nom d'Edward Oakley Thorp dans son livre, « Beat the Dealer", publié en 1962, explique comment on peut gagner au Black Jack par le comptage des cartes.

Les casinos ont tellement été affectés par sa trouvaille qu’ils ont décidé d’augmenter le nombre de jeux de cartes. Depuis lors, en France, ce nombre s’élève à 6 (soit 312 cartes), 4 au Royaume-Uni (208 cartes) et jusqu’à 8 aux États-Unis (soit jusqu’à 416 cartes). 

 

Et la littérature ?

 

Beaucoup de livres traitant du Black Jack ont été publiés, le plus souvent pour donner des astuces pour augmenter ses gains, notamment le célèbre « Million dollar Black Jack » écrit par Ken Uston et publié en 1981.

 

Mais aussi, dans un genre plus sulfureux, la biographie « Joueur né », co-écrite par Nollan Dalla et Peter Alson, relate la vie de Stu Ungar, figure mythique du jeu. Interdit de Black Jack, il gagna son premier million de dollars à l’âge de 21 ans et accumula jusqu'à trente millions de dollars... pour finalement mourir ruiné à l’âge de 44 ans, après une descente dans l’enfer du jeu et de la drogue, une vie digne d’un film de Martin Scorsese.  

 

Mais les auteurs de fiction ne sont pas en reste, le jeu inspira Osamu Tezuka et Yoshiashi Tabate, pour leurs mangas « the Young Black Jack ».    L’action se situe vers la fin des années 60. On y découvre Kuro Hazama, un jeune étudiant en médecine, défiguré par une balafre sur la joue. Il deviendra plus tard Black Jack, le mystérieux chirurgien auquel on fait appel quand tout espoir a disparu. La série intègre de nombreuses références à la situation internationale et aux conditions sociales du Japon de la fin des années 60.     

 

Et puis, "Black Jack Caraïbe"... 

 

Si vous voulez plonger dans une partie inédite de Black Jack, voici un extrait du chapitre 2 de la "Dame de cœur" où Andrew Brooks découvre pour la première fois, l'envoûtante Soledad de La Cruz :

 

Mais une partie inédite va débuter. Il en a la certitude étrange. Une jeune femme éblouissante de par sa chevelure rousse presque rouge demande la permission de s’installer à la table de Black Jack. Elle a noué ses cheveux en un chignon complexe. Il ne s’agit pas de l’un de ces chignons modernes comme les hôtesses de l’air. Il s’agit plutôt de ce genre de coiffure que les femmes du temps passé arboraient avec majesté : un chignon sophistiqué par l’entremêlement de nombreuses tresses de différentes épaisseurs. Ses vêtements aussi sont particuliers. L’inconnue est vêtue d’une robe de couleur chair qui se confond presque avec sa peau. La robe, dont le tissu est aussi léger qu’un voile de mariée, est très longue, ne dévoilant ni ses jambes ni même ses pieds et ses souliers. Mais elle laisse nus ses bras fins, ses épaules extrêmement frêles et si féminines. Une grande partie de son dos est également dénudée laissant ainsi découvrir une taille de guêpe mise en évidence par des hanches parfaitement arrondies. Sa tenue de tête est superbement altière. Son cou est paré d’un collier de graines séchées, entrecoupées de quelques plumes dont l’une, rouge sang tombe comme par effronterie au milieu de ses deux seins. Sa poitrine est naturellement généreuse et débordante à souhait ce qui distrait agréablement Andrew.

Il plonge quelques secondes son regard dans celui de la jeune femme. Les yeux de celle-ci, d’un joli brun noisette, sont animés par une intelligence qui semble vive. Mais quelle mélancolie ils dégagent ! Elle lui sourit, probablement par politesse, lorsqu’elle s’aperçoit qu’il soutient un peu trop longuement son regard. Il est sur-le-champ déboussolé par ce sourire angélique. Une fois encore, il pénètre dans un dangereux tunnel d’égarement. Il doit vite en ressortir, se ressaisir immédiatement. Chaque table étant filmée, il espère que ses moments d’inattention n’ont pas été décelés. Il devient presque paranoïaque avec ces caméras. N’est-il pas épié depuis la salle de sécurité afin de détecter chez lui la moindre défaillance ? Ce monde du jeu brasse tant d’argent qu’il génère aussi de la méfiance que seuls des contrôles excessifs peuvent apaiser.

L’inconnue mise d’emblée la plus forte somme d’argent autorisée par le règlement, en déposant sur sa case attitrée le maximum de jetons possible. Andrew a maintenant sept joueurs assis et prêts devant lui, dont certains au paroxysme de l’excitation. L’inconnue étant à sa gauche, elle aura le privilège de commencer la partie dès qu’il aura distribué à tous, deux cartes. Quelques secondes plus tard, l’inconnue observe ses cartes retournées devant elle. Elle détient une dame de cœur et une dame de pique. Ce qui lui donne déjà un nombre total de vingt points.

Ce n’est pas étonnant qu’elle ait tiré la dame de cœur, ça lui va parfaitement, songe Andrew. La dame de cœur en cartomancie représente une femme d’un âge incertain. Elle pourrait être une jeune femme, une mère, une épouse ou même une grand-mère. Elle représente une personne bienveillante qui vous accompagne tout au long de votre vie pour le meilleur ou pour le pire. Par contre, la dame de pique en cartomancie désigne une femme seule, hostile, et négative. C’est une femme envieuse, animée par un désir de vengeance. Elle est jalouse et se met en travers du bonheur d’autrui. Aurait-elle une amie jalouse chez qui elle n’a pas percé la duplicité ? Ou, a-t-elle une rivale dans son chemin ? Ou, possède-t-elle une double personnalité une fois cœur, une fois pique ?

Andrew s’égare encore en s’enfonçant maintenant dans ses réflexions de cartomancie. Pour en revenir strictement au jeu de Black Jack, s’il le pouvait, il lui suggérerait fortement de ne pas tirer une nouvelle carte et passerait volontiers son tour. Pourtant, au lieu de dire « reste » ou de faire un geste horizontal au-dessus de ses cartes pour signifier qu’elle ne veut pas de carte supplémentaire, elle lui lance comme par défi stupide : « carte, s’il vous plaît, Monsieur ». Elle reçoit un trois de trèfle. Elle dépasse le nombre 21 et perd la totalité de sa mise. Quelle stupidité ! pense-t-il presque avec fureur.

Deux heures plus tard, continuant à jouer atrocement mal, il ne reste plus rien à parier à cette mystérieuse inconnue. Mais à son grand étonnement, cela semble l’amuser. Ses yeux ont perdu leur tristesse initiale. Ils sont presque devenus joyeux à la vision de la perte de tant d’argent. L’aurait-elle fait exprès ? Andrew a déjà pu observer toute sorte de réactions chez les joueurs, mais jamais de ce type-là. Chaque soir, il a droit à de la stupeur, des sueurs froides, de la honte, de la déception, ou bien encore de la colère. À court de jetons pour miser, elle le salue promptement tout en le gratifiant d’un splendide sourire magnifié par de jolies fossettes. Elle s’en va avec grâce comme une reine qui dit adieu à sa cour. Il remarque tout à coup que son visage est joliment parsemé de taches de rousseur à peine visibles sur le nez et sur les joues. Une vraie rousse… Il a envie de la suivre sur le champ, mais la table est encore loin d’être close. Les autres joueurs ne sont pas encore rassasiés et d’autres viendront sûrement les rejoindre par la suite.

 

Et si le jeu peut être dangereux pour la santé, l'abus de littérature, lui,  est fortement conseillé, alors belles lectures à vous tous et toutes!!!

 

Valérie Lieko

The "Indie Author" 

 
 

 



10/09/2016
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