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Une peur irrationnelle des baignades nocturnes... Extrait Roi de Carreau

Bonjour à tous et à toutes,

 

Aux Antilles, j’ai pu découvrir que beaucoup de récits circulent sur des personnes suspectées d’avoir lié un pacte avec le démon. J’ai recueilli parmi mes lecteurs des témoignages concernant des faits de ce genre.

Notamment, un lecteur guadeloupéen m’a confié une histoire incroyable à laquelle il a assisté durant son enfance. J’ai trouvé que celle-ci collait parfaitement à la série « Black Jack Caraïbe » et je l’ai donc intégré au Tome 3, Le Roi de Carreau, en modifiant juste les lieux et le nom des personnes.

 

L’un des buts recherchés de cette série est de créer une atmosphère la plus réelle possible, mais où la part des croyances, tellement ancrées dans le quotidien, prend un certain poids jusqu’à finir par se confondre avec la réalité.

 

Je vous fais donc découvrir un extrait inspiré de ce témoignage, tiré du Chapitre 1 « L’ultimatum ». Notre héros Andrew, après avoir gagné une plage déserte, éprouve quelques craintes à rejoindre son amie qui nage vers le large :

 

Après quelques secondes d’hésitation, il se déshabille et part s’enfoncer à son tour dans la mer en retenant quelques injures. L’eau l’enserrant jusqu’à la taille lui procure une désagréable sensation de froid. De plus, dès la nuit tombée, il déteste encore plus se baigner. Cela lui rappelle les histoires à glacer le sang qu’on lui racontait jadis.

Notamment, celle de Jean et Timothy.

L’été 1999, ses amis d’enfance étaient partis passer leurs vacances sur l’île des Saintes. Tatie Renée, leur tante paternelle, tenait une épicerie et accueillait chaque mois d’août ses neveux. Un soir, ils sont rentrés tout affolés chez celle-ci. Un peu plus tôt, ils étaient partis jouer au football sur une plage bordant une crique idyllique, peut-être pareille à celle où ils se trouvent actuellement. Jean venait de marquer un but entre les deux rochers qui servaient de limites naturelles. Surgi de nulle part, un homme noir, entièrement nu, est sorti des profondeurs de la mer Caraïbe en tirant derrière lui un énorme bœuf au poil brun et scintillant. L’étrange duo est passé juste à côté d’eux sans leur prêter attention. Sidérés, les enfants n’ont plus bougé. Dès que l’homme a été hors de vue, ils ont pris leurs jambes à leur cou. L’individu vivait à quelques centaines de mètres de chez leur parente. Alors qu’il était un client assidu, par la suite, elle ne l’a plus jamais vu venir acheter quoi que ce soit dans son épicerie. Elle en a déduit qu’il avait sûrement conclu un pacte avec le démon. En échange de son âme, le malin lui avait offert ce bœuf et sûrement d’autres choses encore. Plus personne n’osait s’approcher de sa case. Aujourd’hui à l’abandon, le lieu serait hanté. Personne ne peut confirmer l’avoir jamais vu mort et enterré.

 

Des histoires dans ce genre, il en a entendu circuler des centaines. Les unes plus effrayantes que les autres. Était-ce pour empêcher les enfants de traîner le soir ou de se rendre au bord de l’eau après la tombée de la nuit ? Ces récits feraient hausser les épaules d’un athée. Mais ici, la plupart des Antillais savent que tout cela est dans le domaine du possible. Imprégné de toutes ces croyances depuis sa plus tendre enfance, Andrew a conservé une peur irrationnelle des baignades nocturnes. Un peu comme ces gens qui après avoir vu « Les Dents de la mer » imaginent qu’un requin blanc géant peut tournoyer autour de vous et tout à coup vous engloutir.

Chacun ses mythes, chacun sa foi…   

 

Soudainement, il n’a plus pied. Résigné, il se met à nager lui aussi vers le large. Soledad n’est plus visible. Personne. Aucun bruit, pas le moindre remous. Elle n’est plus là. Son sang s’échauffe. Il regarde vers la plage : rien, hormis les silhouettes des chevaux qu’il devine à peine. La panique s’empare de lui. Il crie à pleins poumons : « Soledad, Soledad ! ».

 Venues des profondeurs de la mer, des mains s’agrippent brutalement à ses jambes pour remonter ensuite jusqu’à son torse.

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   FIN DE L’EXTRAIT                                                             

 

Cette scène de l’homme nu sortant de l’océan avec un bœuf fait donc partie de ces témoignages mystérieux qui m’ont été contés. Libre à nous d’y croire ou pas, mais ce qui est sûr, c’est que ce lecteur est persuadé de l’avoir vécu...

Du coup, s’agit-il vraiment de croyances lorsque des personnes des plus fiables vous certifient les avoirs vus de leurs propres yeux ?

 

 

À très bientôt

Valérie Lieko

« The Indie Author »

@ValerieLieko



17/12/2016
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